Projet COFEEL – COexistence FElins ELevage

Pourquoi ce projet ?

La transformation progressive de la forêt Amazonienne en zones urbaines et agricoles entraîne la perte et la fragmentation de l’habitat des grands félins en Guyane, tels que le jaguar et le puma, tous deux classés menacés sur la Liste Rouge de l’IUCN (IUCN Red List 2017). L’anthropisation croissante du territoire rapproche ces prédateurs des populations locales, ce qui intensifie les conflits, en particulier avec les éleveurs. Faute de moyens efficaces pour protéger leurs animaux, les tirs de représailles sur les félins restent une mesure fréquemment employée par les éleveurs pour faire face au problème. Les attaques répétées des deux grands félins peuvent représenter des pertes non négligeables pour certaines exploitations. Bien que le territoire guyanais est encore bien préservé, l’urbanisation croissante et le développement des exploitations agricoles augmenteront certainement le risque d’interactions négatives entre l’Homme et les grands félins dans un futur proche. 

Depuis Octobre 2017, notre équipe a mis en place le projet COFEEL sur ce territoire d’Outre-Mer aussi riche par sa faune exceptionnelle que par la diversité des cultures humaines, afin de soutenir et accompagner les éleveurs pour protéger leur troupeau de manière viable et durable.

Le guide pour les éleveurs, ici :

Chèvres vulnérables à des attaques sur une exploitation d’éleveur participant au projet.

OBJECTIFS DU PROJET :

Ce projet vise à assurer la coexistence durable – écologiquement, économiquement, socialement et psychologiquement acceptable – entre les activités humaines et la préservation des grands félins en Guyane.

Les trois principaux objectifs sont :

  • Former et accompagner les professionnels du milieu agricole aux moyens existants pour prévenir et limiter les attaques de félins sur leur bétail
  • Informer et sensibiliser les populations cibles aux enjeux et mesures préconisées pour anticiper les attaques de félins sur les animaux domestiques et partager les savoirs.
  • Comprendre les interactions Homme – Félins, en particulier mettre en place un observatoire des attaques félines sur le bétail.

QUELLES SONT NOS ACTIONS LOCALES ?

  • Établir un observatoire de connaissance sur les attaques de félins sur les animaux domestiques : enquêtes de terrain auprès des éleveurs.
  • Améliorer notre compréhension sur les jaguars et les pumas, notamment les individus problématiques : étude de leurs domaines vitaux et déplacements suite à la capture d’individus et pause de colliers GPS et caméra traps.
  • Conseiller, soutenir et accompagner les éleveurs actuels à prévenir et limiter les attaques de félins sur leurs animaux domestiques par le renforcement de certaines mesures ou par la mise en place de nouvelles pratiques et mesures.
  • Tester de nouvelles mesures de prévention et de protection sur des exploitations d’éleveurs volontaires qui subissent régulièrement des attaques de félins.
  • Identifier et découvrir des initiatives locales en Amérique latine : réalisation d’interview, photographies et vidéos pédagogiques sur des initiatives locales pour partager et faciliter le partage de savoirs et d’expériences (cf. projet ENCOSH).
  • Informer et sensibiliser les futurs éleveurs et professionnels du domaine de l’agriculture et de l’environnement en Guyane, du lycée agricole Matiti : interventions sur la problématique, ateliers pratiques, et stages.

Un projet multipartenaires :

Les enjeux de coexistence entre les activités humaines et la faune sauvage est une problématique interdisciplinaire qui nécessite impérativement la collaboration entre diverses structures. Diverses structures locales sont ainsi partenaires du projet, notamment : l’OFB (Office Français pour la Biodiversité), la DAAF (Direction de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt), la DGTM (Direction Générale des Territoires et de la Mer), l’association KWATA, l’association GRAINE, le lycée agricole Matiti (EPLEFPA : Etablissement Public Local Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole), différentes coopératives agricoles dont la SCEBOG, l’APAPAG, l’APOCAG, etc.

La première phase de ce projet a été soutenu financièrement par une subvention de la DGTM et une aide financière de l’OFB* obtenue suite à la sélection de notre dossier parmi 130 lors d’un appel à projet lancé par l’AFB* (Agence Française de la Biodiversité). *Depuis janvier 2020, l’ONCFS et l’AFB ont fusionné en une seule institution : l’OFB.

Afin de continuer les activités de COFEEL, HISA a également été bénéficiaire de nouvelles subventions de l’ODEADOM, de la DGTM et de la CTG (Collectivité Territoriale de Guyane) d’avril 2020 à octobre 2024.

Les résultats du projet disponibles ici :

Photo d’un jaguar prise par un piège photographique pour identifier les individus responsables d’attaques. 

Installation d’une clôture électrique avec un design « anti-félins » sur une ferme pilote

Visite chez un éleveur dans le cadre de travaux participatifs avec des étudiants du lycée agricole de Matiti 

volet cojag :

  COexister avec le JAguar en Guyane

Depuis 2020, pour répondre à l’urgence, HISA déploie plusieurs dispositifs de protection dans diverses exploitations en Guyane, tels que des dispositifs lumineux (Foxlight), des clôtures électriques, et l’acquisition de chiens de protection de race Kangal, à travers le projet COFEEL.

Bien que l’efficacité des chiens Kangal pour protéger les troupeaux soit largement reconnue dans diverses régions du monde (Namibie, France métropolitaine, Turquie), le manque de moyens financiers a limité l’acquisition de ces chiens en Guyane. Cela a freiné la capacité d’HISA à mener une évaluation rigoureuse et statistique de leur impact. Néanmoins, les premières observations réalisées chez les éleveurs volontaires, très satisfaits du dispositif, sont prometteuses.

Le projet piloté par l’association HISA vise à évaluer l’efficacité de cette mesure de protection afin de la proposer plus largement aux éleveurs de la région. Douze chiots seront acquis et dressés par des éleveurs volontaires préalablement sélectionnés. Des protocoles d’évaluation rigoureux seront mis en place pour mesurer l’efficacité de la méthode, tout en surveillant de près l’impact environnemental des chiens. Des ateliers d’échanges seront également organisés, réunissant des éleveurs guyanais et étrangers de la région ayant déjà adopté cette mesure, créant ainsi une opportunité précieuse de partage d’expertises et de retours d’expérience sur la mise en place de cette mesure.

Durée du projet

Du 01/12/2024 au 31/05/2026.

Budget du projet

155 174€

Montant des subventions - Programme européen

BESTLIFE2030 : 99 932€

DGTM : 55 242€ (150 000€ au total jusqu’à fin 2027).

Cofinancé par l’Union européenne. Les points de vue et les opinions exprimés sont toutefois ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de CINEA. Ni l’Union européenne ni l’autorité subventionnaire ne peuvent en être tenues pour responsable.