VERS UNE COEXISTENCe DURABLE

au village de Gongo

Contexte

La Tanzanie regorge d’innombrables merveilles naturelles et culturelles. Elle est réputée pour sa beauté et la diversité de ses paysages, mais aussi pour la richesse de sa faune et de sa flore, abritant environ 20% des grands mammifères africains, et enregistrant à ce jour 360 espèces de reptiles, dont 85 sont endémiques, et 206 espèces d’amphibiens (86 endémiques). Cependant, comme partout ailleurs, cette richesse naturelle exceptionnelle est gravement menacée.

Avec près de 550 000 à 700 000 individus, la population d’éléphants d’Afrique a par exemple chuté de 86% depuis 1976. En cause notamment, la croissance de la population humaine et ses exigences de consommation qui ont, chaque année, un plus grand impact sur les espaces naturels. Ceux-ci sont déforestés pour récolter du bois de chauffage ou pour faire place à des terres agricoles, au développement urbain ou aux sites industriels.

En effet, l’anthropisation des milieux entraîne inévitablement la destruction et la fragmentation des habitats et une perte généralisée des corridors qui leurs sont associés, créant ainsi une proximité accrue entre la faune sauvage et les communautés humaines, qui conduit à l’émergence de conflits avec les hommes.

Ces conflits surviennent le plus souvent à l’intérieur ou autour des zones de réserve, en frontière des villages densément peuplés. Dans les villages situés au bord ou à l’intérieur des parcs nationaux, les animaux sont extrêmement proches des humains et les conflits sont plus graves. Lorsque les populations empiètent sur l’habitat de la faune, par exemple en cultivant les corridors des éléphants, et lorsque les sources de nourriture de la faune sont détruites, la forçant à s’adapter à de nouvelles conditions, les probabilités d’apparition de conflits augmentent. Ce schéma précis se rencontre notamment dans le village de Gongo, situé en bordure du parc national de Saadani.

Le parc de Saadani

Le parc national de Saadani, en Tanzanie, est le seul parc du pays qui comprend des zones terrestres et marines. Réserve de chasse depuis 1969, le parc a été officiellement classé comme parc national en 2005, le classant comme l’un des plus récents du pays. Le parc partage son écosystème avec la zone de gestion de la faune de Wami-Mbiki à travers laquelle les animaux, tels que les éléphants et les buffles, migrent. En effet, le parc est le trait d’union entre différents aires protégées qu’il est essentiel de préserver.

Seulement, la situation géographique du village de Gongo se trouve directement sur l’une des trajectoires présumées des éléphants, pour rejoindre la zone de gestion de la faune de Wami-Mbiki, en passant par la rivière Wami. L’agriculture, activité principale du village, ainsi que l’exploitation industrielle du charbon, fragilisent ainsi gravement l’écosystème forestier de Gongo et fragmentent le corridor emprunté par les éléphants. Ces derniers sont ainsi contraints de traverser la zone habitée, impliquant par conséquent des dégâts inévitables aux cultures et aux infrastructures du village.

Champs de maïs ayant remplacé des parcelles de la forêt de Gongo, autrefois peuplée par des lions et autres animaux sauvages.

Secteur autour du village de Gongo après coupe du bois.

Champs de cocotiers détruits par les éléphants.

Intrusion d’éléphants dans le village.

Photos prises par des caméras trap installées par nos équipes en périphérie du village.

Pour plus d’informations sur leurs actions :

notre partenaire : SANA

Notre équipe a donc mené une étude préliminaire, en collaboration avec notre partenaire local, l’association tanzanienne Saving Africa’s Nature (SANA), dans cette région, fin 2019, afin d’étudier la situation.

La mission de SANA est de restaurer l’équilibre écologique de la forêt de Gongo, en réduisant l’impact des activités humaines. Par conséquent, ils travaillent avec les communautés pour les aider à améliorer leur niveau de vie, tout en les sensibilisant au respect de la nature, en les aidant à réduire l’impact de leurs activités sur l’environnement et à comprendre pourquoi une nature saine et préservée n’est pas seulement bénéfique pour la faune, mais aussi aux humains à long termeSANA soutient les communautés autour de Saadani depuis dix ans maintenant, à travers des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement durable.

Nos actions locales :

  • Évaluation des dégâts causés par les animaux sauvages sur les récoltes / collecte de données sur les conflits hommes-faune (enquêtes auprès des villageois)
  • Tracking, pause de caméra-top  et relevés de tous les signes de présence de la faune sur le secteur du corridor
  • Étude de faisabilité pour la protection des cultures contre les animaux sauvages 

Perspectives 2019-2020 :

Octobre-Novembre 2019 :
  • Mise en place de barrières naturelles pour protéger les cultures et éloigner les animaux  
  • Détermination des zones défrichées à acheter pour reforester et permettre le passage des animaux. 
  • Promouvoir et partager des savoirs avec la communauté locale pour favoriser la réussite du projet sur le long-terme

Le village de Gongo

Le village compte aujourd’hui environ 2000 habitants composés principalement de famille d’agriculteurs qui cultivent ananas, noix de coco, maïs, etc.).
Grâce à l’implication de Costa Coucoulis et de son équipe depuis des années auprès des habitants, de l’aide substantielle de son association pour l’amélioration des conditions de vie des communautés (création d’une école, dispensaire, création d’emplois directes et attraction touristique sur le site de Miseni), les communautés ont pris conscience de l’intérêt de conserver la forêt et sa faune.

 

La résultante des efforts sur place est le retour des populations d’éléphants depuis 2 ans !

Seulement, leur retour n’est pas sans conséquences pour l’activité agricole de la communauté. En effet, les pertes liées à leur retour dans les cultures et les champs des habitants est particulièrement importante, d’après les données récoltées auprès des villageois, par notre équipe sur place : Lucas Mestre.

 

Pour parvenir à trouver une solution de coexistence, permettant de concilier l’activité de la communauté et le retour des éléphants, HISA a alors proposé son aide afin de trouver des solutions permettant d’atténuer, voir empêcher la destruction des cultures par les éléphants – identifiés par 72% des répondants à notre enquête sur place comme étant l’espèce causant le plus de dommages. Nos initiatives entreront dans le cadre du programme « ENCOSH » de partage d’initiatives pour améliorer la coexistence humains-animaux sauvages.

HISA et SANA sont actuellement en train d’étudier les différentes barrières naturelles pouvant éviter au maximum l’intrusion des éléphants au sein du village. Le projet vise également à reforester le corridor emprunté par les éléphants lors de leur migration et à donner aux habitants tous les outils et savoirs nécessaires pour assurer la pérennité du projet.

Le retour du roi

Depuis les efforts mis en place par les autorités des parcs tanzaniens contre le braconnage d’éléphants au niveau national, ainsi que les efforts de notre partenaire local SANA, dirigé par Costa Coucoulis, les éléphants sont de retour en périphérie du parc. C’est pour Costa Coucoulis un premier succès, car ces derniers avaient fui le secteur de Gongo depuis des années !

“Les buffles sont aussi de retour ainsi que le léopard qui chasse autour de l’écolodge de Miseni. En protégeant la forêt, et en créant un attrait positif autour de la faune sauvage, les villageois se disent prêt à continuer à œuvrer pour leur retour et leur sécurité dans la forêt de Gongo. »

« Il y a 15 ans on entendait rugir le lion là où, aujourd’hui, la forêt a été remplacée par des champs de maïs. J’ai bon espoir de l’entendre rugir de nouveau car de nombreux propriétaires de champs sont à prêt à les céder pour replanter des arbres.”

Costa Coucoulis

Le retour du roi

Depuis les efforts mis en place par les autorités des parcs tanzaniens contre le braconnage d’éléphants au niveau national, ainsi que les efforts de notre partenaire local SANA, dirigé par Costa Coucoulis, les éléphants sont de retour en périphérie du parc. C’est pour Costa Coucoulis un premier succès, car ces derniers avaient fui le secteur de Gongo depuis des années !

“Les buffles sont aussi de retour ainsi que le léopard qui chasse autour de l’écolodge de Miseni. En protégeant la forêt, et en créant un attrait positif autour de la faune sauvage, les villageois se disent prêt à continuer à œuvrer pour leur retour et leur sécurité dans la forêt de Gongo. »

« Il y a 15 ans on entendait rugir le lion là où, aujourd’hui, la forêt a été remplacée par des champs de maïs. J’ai bon espoir de l’entendre rugir de nouveau car de nombreux propriétaires de champs sont à prêt à les céder pour replanter des arbres.”

Costa Coucoulis

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