RiverSE - From the river to the sea

Surveillance et lutte contre les plastiques sauvages du fleuve à la mer

Contexte :

Les plastiques sont omniprésents dans les océans du globe, causant des impacts considérables sur la faune marine. Plus de 700 espèces sont connues pour ingérer ou s’emmêler dans ces déchets. Les impacts sur les tortues caouannes Caretta caretta, représentées sur la majorité du globe, en fournissent un exemple frappant ! Les taux d’ingestion de plastique par les tortues caouannes de Méditerranée française sont parmi les plus élevés, avec une occurrence de près de 80% parmi les individus autopsiés ces 6 dernières années. Les survols aériens des eaux françaises métropolitaines montrent des densités énormes de déchets et de très forts risques d’exposition pour la faune marine, particulièrement en face des estuaires de la Gironde et du Rhône.

Il est communément admis que 80% des déchets proviennent des terres, véhiculés notamment par les fleuves. Toutefois, il n’existe pas encore de données empiriques à large échelle, qui permettraient de prédire les sources et les zones d’accumulation des déchets sur les fleuves et leurs embouchures. Ces évaluations sont pourtant fondamentales pour cibler les programmes d’action efficaces contre les impacts des déchets.

La Directive Européenne Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) met en œuvre des indicateurs d’abondance et d’impacts des déchets sur la faune marine pour le Descripteur 10 « Déchets marins ». Pour cela, elle se coordonne avec les Conventions Régionales pour proposer des approches harmonisées, nécessaires pour évaluer l’efficacité des mesures mises en œuvre. Des tels indicateurs doivent être proposés pour la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) avec une approche cohérente avec la DCSMM afin d’évaluer les flux de plastiques sur les continuums terre-mer. Pour cela, des méthodes standards, comparables, doivent être établies.

 

 

Les déchets retrouvés en mer viennent de la terre …

Objectif :

RiverSe vise à inventorier les initiatives de recensement, de collecte et de valorisation des déchets afin de proposer des approches standards. Le projet concerne en priorité les macro-déchets de plus de 5 mm, et les plastiques, flottants et persistants. Une attention particulière est apportée aux approches participatives, qui pourraient impliquer le plus grand nombre de citoyens.

Nos missions :

RiverSe propose de :

  • Recenser les méthodes existantes pour définir les sources, les flux, les zones d’accumulation et les impacts des déchets sur la faune, le long des cours d’eau, à partir d’une revue de littérature et des initiatives existantes,
  • Recenser les initiatives de valorisation/recyclage des déchets collectés dans le milieu sauvage,
  • Proposer des protocoles standards pour le suivi des flux et des impacts des plastiques,
  • Evaluer la faisabilité de mise en œuvre d’indicateurs d’abondance et d’impacts en cohérence avec les indicateurs employés en mer,
  • Proposer des méthodes d’évaluation des risques des impacts, à partir d’approches SIG.

Nos études :

Voici nos rapports d’étude sur la mise en œuvre d’une surveillance des macro-déchets (de plus de 5 mm) dans les cours d’eau en métropole : états des lieux, méthodologies, acteurs, dispositifs, initiatives, etc., financée par le Ministère de l’écologie, l’Agence de l’eau Loire -Bretagne, la Fédération nationale de la pêche, ou encore la Compagnie nationale du Rhône.

NOUVEAU VOLET : RIVERSE Débarque en Guyane !

En Guyane, les fleuves sont les artères vitales du territoire : ils relient les villages, transportent les biens et nourrissent la vie quotidienne. Mais ils sont aussi les premiers témoins d’une pollution croissante liée aux déchets diffus, conséquence directe des difficultés structurelles de gestion dans les communes fluviales isolées.

Après plusieurs années de mise en œuvre en métropole, le projet RiverSe s’étend aujourd’hui en Guyane, avec pour objectif de documenter et réduire la pollution par les macro-déchets le long des grands fleuves — Maroni, Lawa, Oyapock, Mahury, Approuague, etc.

Photo des berges du fleuve Maroni

Déchets sur les berges du Maroni

Déchets sur les berges du Maroni

Déchets sur les berges du Sinnamary

Déchets à la crique Patate

Campagne de ramassage participatif en métropole

À travers une approche scientifique et participative, le projet associe géolocalisation, caractérisation et mayouris (journées collectives de nettoyage) pour :

  • cartographier les zones polluées,

  • identifier la nature et l’origine des déchets,

  • proposer des pistes de valorisation locale,

  • et sensibiliser les habitants via des actions éducatives et citoyennes.

Débuté en 2025 à Maripasoula et Papaïchton, le projet est mené en partenariat avec des associations locales telles que Chercheurs d’Autres, A kiing fa liba, Fooseli fou kon sabi, Mouvement à suivre, Yenkumu lutu, Ocean Science & Logistic, Guyane Nature Environnement, et soutenu logistiquement par des institutions publiques telles que les mairies, la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais (CCOG), le Parc Amazonien de Guyane (PAG), etc., afin de co-construire des solutions adaptées aux réalités du territoire.

En s’appuyant sur les méthodologies développées en métropole, RiverSe Guyane transpose et adapte l’expertise acquise pour renforcer la résilience des territoires amazoniens face aux défis de la pollution, tout en reliant science, participation citoyenne et transition écologique.

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